Meteo. Petite histoire
08:26. Bonjour. Toujours pas beau. T:7°.
C'était encore dans les années fastes d'Aubenasson avec le club de Valence comme organisateur. Ce devait être en 62-63. Pour les remorqueurs, j'allais avec la deux chevaux de Geneviève chercher l'essence à Valence. Je mettais un bidon de 200 litres. Un soir pendant que je remplissais mon bidon, un copain, André M. arrive en courant pour m'annoncer qu'un Américain voulait se poser avec son Jodel Ambassadeur à Aubenasson. C'était à la tombée de la nuit et j'étais perplexe ne connaissant pas l'expérience de ce pilote. Par contre, j'ai appris à me méfier de l'audace de ces gens là! Un rapide interrogatoire du pilote me fait penser que ça doit être possible. Je lui dit donc: "OK, ça doit pouvoir être réalisable malgré l'heure tardive. Vous allez à toute vitesse dans cette direction en lui montrant la pointe caractéristique des Trois Becs. Mais attention, c'est limite limite. Pas deux tours de piste; une seule approche et la nuit est là. Si vous avez le moindre doute, il faut renoncer et n'y aller que demain. No problem me répond-il, j' y vais. Il saute dans son avion et part tout de suite dans la bonne direction. Quand à moi je finis de remplir mon bidon et part en éclairant le haut des platanes vu le poids mis dans cette pauvre 2CV. En route je m'inquiète de mon Américain me demandant comment ça allait se passer s'il était pris par la nuit.
No problem, il avait dit. En effet, il arrive à Aubenasson, fait une approche correcte et se pose à temps. Mais voila pour une fois un Américain estomaqué par ces drôles de Français. Il est encore debout sur son aile et s'exclame: "Alors vous! Expliquez moi. Vous venez de me dire à Valence de me dépecher d'aller au plus vite en direction des 3 Becs. J'étais à fond tout le temps et vous avec votre 2CV pleine d'essence vous arrivez avant moi." Ce qu'il ne savait pas c'est que c'était mon frère jumeau Toto qui l'accueillait. Mon cher Toto exploitait une fois de plus la complicité des jumeaux entre eux. Il avait tout de suite compris la situation et en tirait partie en charriant l'américain sur ses faibles performances de lui mais aussi de son avion.
Moi, Yvan je suis arrivé de nuit bien sur, près de 2 heures plus tard. Il n'y avait plus personne au terrain. Et ce n'est que le lendemain que notre américain a compris lorsqu'il nous a alors vu tous les deux ensemble avec un grand sourire.
Il fallait bien en profiter. Pour une fois qu'on pouvait "niquer" un amerlock...
À demain. Yvan