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Histoire vraie et vécue

27 Novembre 2007 , Rédigé par AAR - AUBENASSON Publié dans #planeur-aar

C'était dans les années 60-70 pendant le stage que Valence organisait en été. Il y avait jusqu'à trente planeurs et trois remorqueurs. Seuls quelques allemands avaient la radio. Tous les planeurs étaient des bois et toile. Les plus récents étaient les K6, les bijaves ou K13, un Foka. Mais il y avait encore des C25S des C800 des Nord 1300, Castel 310, Nord 2000, K2, Rhonlerch et autre vieilles plumes. En remorqueur Valence avait un Stampe et un Morane 317 puis un Rallye 893. Le SFA nous prètait parfois un Storch. Les allemands venaient avec un Piper Supercub de 180CV; On a vu aussi un Dornier 27, un vrai bijou....

Par une belle journée d'Août avec un vent du Nord idéal, les remorqueurs étaient en pleine activité. Leur ballet faisait plaisir à voir. L'ambiance excellente. Pour ma part j'étais dans le Morane 317, un bel avion équipé d'un moteur Continental de 220 chevaux en étoile.

En revenant chercher un autre planeur, alors que j'allais passer le seuil de piste, grosse surprise: On me balance une fusée rouge. Ah! c'est joli. Nous à Valence on avait pas ça. Bon, ils ne veulent pas de moi. Je remets les gaz et m'interroge. Y a t-il un chien sur la piste ou un planeur qui se pose et que je n'ai pas vu? Je refais un tour de piste et n'ayant rien remarqué me represente à l'atterrissage. À nouveau, fusée rouge. Alors là que se passe t-il? Ca devient moins drôle Je remets les gaz et monte un peu pour examiner la situation. Je regarde le tableau de bord. Tout va bien, le moteur ronronne affectueusement comme un chat. Alors si c'est pas le moteur, ça peut être l'avion. J'ai peut être des ennuis avec le cable; Non puisque je l'ai largué à la première fusée. Regardons autour de moi. Côté gauche: rien; derrière rien non plus les commandes sont bien là et maneuvrent bien. Pas de problème de pilotage. et à droite? Ah voila le problème; le gros problème. La roue droite n'est plus là. la partie haute de l'amortisseur se balance doucement en rigolant. L'amortisseur s'est désacouplé et il me manque une roue! Me voila bien.

Mais c'était une période où je volais beaucoup avec des avions pas toujours très fiables et avec lesquels on était prêt à affronter les ennuis. Et Dieu sait si j'en ai eu. Je les accumulais.

Bon, il va falloir faire quelque chose. Réflechissons. Me poser pas de problème; l'avion est à aile haute monoplan et grande envergure. Je vais, c'est sûr, faire un cheval de bois; mais ça doit aller sans trop de dégats sauf si je passe un peu sur le nez ce qui parait peu probable. Mais si je me pose, je risque d'esquinter la piste. Et puis il va y avoir une enquète des gendarmes Et puis le District. Et puis Véritas. Et puis les pompiers. Et puis les curieux. Et puis les planeurs qui vont vouloir rentrer avec la piste encombrée. Tout ça, ça fait trop. Donc calmement je décide de transmettre tous ces ennuis ailleurs c'est à dire à Valence. Je fais donc un passage au ralenti en gueulant: "Je me pose à Valence". Tout le monde me fait de grands signes d'adieu. Emouvant! En route j'ai le temps de me préparer, rien ne presse j'ai de l'essence. Mon frère Toto s'est précipité au télephone où il a pu annoncer ma venue sur une roue. Le Commandant d'aerodrome Mr. G....di, un ancien légionnaire corse pas très souple accueille la nouvelle sans grande joie. En route j'ai le plaisir de voir à mes côtés le Piper des allemands qui m'accompagne. Sympathique!

J'arrive à Valence, et là nouvelle surprise, il y a des girophares de partout. Pas une, mais des ambulances, pas un fourgon de pompiers mais des fourgons. Pas un mais des fourgons de gendarmerie. Et tout ça pour moi tout seul. J'en suis ému aux larmes. ou seulement  rigolade???  Et quoi encore là bas qui arrive à toute allure pleins feux et girophares encore: LA GRANDE ECHELLE. pourquoi? peu importe c'est splendide. Pendant que tout ça se met en place je tourne en rond emerveillé de tant de solicitude. Un GMC de l'ALAT est en train d'essayer en la remorquant de mettre en route une ambulance militaire. Pathétique.

Ca y est je peut y aller le cirque est en place à moi de faire le spectacle. Soyons à la hauteur.

Première chose, peut-être le plus dûre. Je ferme l'essence, mets le pompe en route et les gaz à fond pour bien vidanger le circuit. Le moteur bien sûr ratatouille... mais continue de tourner, de mouliner plutôt, car c'est un moteur en étoile et les compressions passent. Ca m'ennuie car l'hélice va morfler! Je fait donc un décrochage, le moteur s'arrête mais repart dans l'abattée. Bon j'essaye un nouveau décrochage en tachant d'amondrir l'abatée. Mais l'oiseau est lourd du nez. Tout cette gymnastique m'a pris de l'altitude; il faut se poser, je suis attendu. Je me présente donc avec un maximum d'inclinaison à gauche. Tout va bien, le moteur s'arrête enfin; mais l'hélice verticale, M....e; dommage trop bas pour un coup de demarreur. La roue gauche touche je tiens toujours l'inclinaison; ça va. Coup d'oeil à droite et là, dernière surprise, la roue droite réapparait. Elle pendait sous l'avion et je ne pouvais pas la voir. Puis l'aile droite se baisse tout doucement, je ne peut plus la tenir. Lorsque l'aile touche je mets du pied et le cheval de bois est majestueux. Merci mon Dieu, mes Anges gardiens, tout est bien qui finit bien. J'en suis quitte pour aller encore mettre un cierge. Descendu de l'avion arrive le troufion de l'alat qui arrive tout essouflé et rigole comme un bossu en me voyant embrasser le sol comme le pape. Le second qui arrive est Mr G....di qui m'engueule pour ne pas m'être posé sur la piste de crash. Je ne me rappelais plus qu'il y 'en avait une. On a été chercher la juvaquatre d'un copain et avec un matelas sur la galerie on a posé l'aile dessus. Le remorqueur fut réparé rapidement. Quelques jours après j'ai dû aller à Toussus en Ambassadeur. Me posant pour l'essence à Moulins-Avermes j'ai raconté mon malheur au mecano du Club. On a été voir son MS317 pour explications et là on a vu que son amortisseur ne tenait qu'avec plus que deux filets. Il m'a bien remercié!!!

OUF, ça y est vous avez votre histoire; mais sachez que ça fait deux fois que je la tape. La première fois j'étais en train de relire mes fautes quand tout a disparu. La sauvegarde automatique n'a enregistré que ce bout de blog que vous avez eu hier.

À demain               Yvan

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P
Très beau récit, je suis dans la recherche et non sans mal d'un bois et toile a restaurer, évidemment cfla fait rêver.
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