Meteo-histoire
08:27. Bonjour. Rien de changé pour la meteo. Les jolis feuillages sont toujours là aussi beaux. Ma tronconneuse trépigne d'impatience et voudrait bien que ces feuilles tombent pour dégager la vue du parking. Ce matin il ne fait que 1°. Le ciel ne se dégage qu'autour de midi.
Une histoire d'hélice encore puisque vous aimez ça.
C'était au moment des évenements d'Algérie alors que le pouvoir craignait une invasion des paras sur la France. Les avions furent interdits de vol. Les gendarmes avaient fait placer des bidons de 200 litres sur tout le terrain. Puis connaissant les aviateurs , par précaution, ils reçurent l'ordre de démonter toutes les hélices et de les stocker à la gendarmerie. Alors là, on a pas été trop coopératifs. On leur a dit qu'ils prenaient de grands risques, que c'était très fragile, qu'il fallait des clés spéciales au pas américain, qu'il fallait faire attention à l'humidité, qu'il fallait pour ça les rouler chacune dans une couverture etc... Du coup, c'est le chef de brigade lui-même qui est venu superviser l'opération.
Et nous, nous avions envie de voler. J'ai alors téléphoné à la DGAC puis à la Préfecture en demandant une dérogation pour voler en planeur. Ce fut un refus catégorique pour le remorqueur (le Stampe). Mais, j'ai obtenu l'accord pour des tours de piste au treuil en se limitant à l'Est du terrain. On mit donc en piste. Les gendarmes de Chabeuil affolés par tant d'audace se précipiterent au groupe et les discussions commencèrent. Celui qui était déja installé a fait lever l'aile et le planeur parti dans les pieds des gendarmes. Ceux-ci devinrent furieux, sortirent leurs armes. Leur chef lui sorti son sifflet à roulette et s'époumonait gaillardement. Il criait "arretez-le, faites-le descendre". C'était d'un comique! Le planeur bien sur est revenu mais les gendarmes m'en voulaient. On a du telephoner à nouveau aux autorités pour confirmer l'accord dérogatoire. Le soir venu, ils sont revenus pour vérifier que l'on avait bien remis les quelques bidons qu'on avait dû déplacer. Un beau jour ils sont revenus avec leur estafette et les hélices qui étaient bien roulés encore dans les couvertures. Nous avons inspecté scrupuleusement tel un douanier nos hélices. Les bidons furent enlevés et tout rentra dans l'ordre... Sauf le jour où de Gaulle vint à Valence et que nous fûmes à nouveau interdits de vol. À nouveau j'obtins l'autorisation de voler pour les planeurs à condition que nous restions sur la campagne et à l'Est du terrain... Triste époque; mais amusante pour nous. J'ai toujours aimé jouer aux Gendarmes et aux voleurs étant bien entendu que j'avais le plus souvent le rôle du voleur!
À demain. Yvan