meteo-potin
09:17. Bonjour. Ciel couvert 8/8, brise nulle, piste boueuse, T:6.5°
Je vous l'avait annoncé: Denis de la seconde place passe à la quatorzième. Normal car il y avait des fichiers en attente la Netcoupe n'étant pas encore ouverte; De plus ily a eu de belles journées d'onde dans le S.O.
Mon lacher.
J'ai commencé à piloter en 1951. Mais c'était en avion. Un piper J3. Mes finances comme celle de tous les jeunes étaient faibles, même très faibles ce qui fait que j'ai du arrêter plusieurs fois. On m'avait proposé une solution un peu moins onéreuse qui consistait à partager les vols avec un autre pilote; mais il fallait être laché. J'ai donc essayé le planeur qui revenait quand même moins cher. Le moniteur était Jean Navas, père de Gilles notre champion actuel. On volait au treuil. Les biplaces étaient deux Castel-Mauboussin C25S. Comme j'avais fait un peu d'avion, ma progression a été assez rapide et trois heures de double m'ont suffi. Bien sûr, j'ai été surpris lorsque Jean m'a dit: Allez hop dans le 301. Le 301 était un Castel aussi mais sans volet. Il était très léger, facile à piloter car il n'y avait pas de verrière et l'on sentait très bien avec l'air sur les joues. Pas besoin de regarder la bille, notre terreur. Comme d'habitude tous les copains sont alors autour du poussin. Les uns pour des conseils mais la plupart pour te foutre la trouille et raconter n'importe quoi. Le moniteur m'avait lui aussi fait bien des recommendations. Tu vas voir, c'est très léger, ça monte assez bien, n'oublie pas de larguer et dès le largage tu reviens vite en vent arrière pour te poser. Tu fait juste un tour de piste, pas de spirale, ton étape de base près de l'entrée de piste. Après le dernier virage ligne droite rigoureuse sans fantaisie.
Me voila donc prêt à partir. Je ne peut plus reculer. A la fois fier mais pas sûr du tout. Le cable est accroché, puis tendu doucement. L'aile maintenue horizontale par le moniteur un peu inquiet lui aussi. Et ça y est c'est parti, ça décolle presqu'aussitôt. Petit palier puis voila mon Yvan qui reprend de l'assurance et tire sur le manche pour monter, monter, assez haut pour avoir le temps de faire un tour de piste normal. Mais voila, le planeur est léger et il monte, il monte! Je me retrouve autour de 350 m. au point de largage. Je largue donc, le planeur fait un petit bond vers le haut et puis le grand calme. Vite, un coup d'oeil au badin. Tout va bien, le fait d'être la tête dehors me fait un peu plus participer au vol. Je me rends compte que le sifflement de l'air permet de régler la vitesse. Mais il faut vite aller se poser, j'avais peur de faire mon tour de piste trop bas. Donc tout de suite en branche vent arrière, coup d'oeil sur la piste, les copains, Au milieu de la vent arrière, je vois justement les copains qui partent déjà avec le BO. C'était un petit chariot à deux roues et un timon. On le mettait sous le patin pour ramener le planeur qui n'avait pas de roue mais un patin en bois genre ski de l'époque. Et c'est là que je commence à réaliser que je suis beaucoup trop haut. J'ai tiré trop fort en treuillée. L'angoisse s'empare de moi. Que faire, un 360°? En vent arrière? Mais ça se fait pas! Je risque le décrochage en virage et c'est la vrille. Bon il faut faire ce que le moniteur à dit : un tour de piste normal, l'étape de piste à l'entrée du terrain. Et ce planeur qui descend pas. Je dois être le seul pilote de 301 qui trouve que le planeur descend pas assez vite!!! Enfin dernier virage large, à faible inclinaison. Ca va mais que je suis haut. Trop tard pour faire quoique ce soit d'autre que de tirer tout droit? Heureusement la piste fait 1200m. mais cela va t-il suffire. Quelle vitesse prendre? J'en sais rien! Si je vais plus vite, je vais effacer la piste. Si je vais trop doucement, je vais décrocher! Entre ces deux vitesses qu'est-ce qu'il reste? Eh bien oui le chûte mini! Et c'est pas ça que je recherche au contraire. Je suis piégé. Dessous les copains ont fait déjà le tiers du terrain. Je vois leur tête en l'air qui me regardent. Si au moins ils pouvaient m'aider. J'ai vraiment la trouille car j'arrive bientôt au bout mais tout arrive. Je serre un peu à droite pour éviter le treuil et me pose sans casse après le treuil. Sans casse. Le treuillard, Besson, (notaire à la retraite à l'heure actuelle) me dit que c'est la première fois qu'un copain vient lui tenir compagnie en planeur
Voila , c'était en septembre 1957 et ça m'a valu d'avoir le brevet "B" N°B14.511 signé par le Général Chassandre-Patron dit "Chasse patte" Président de l'Aéro-club de France.