11 Novembre 2008.
10:24. À cette heure-ci beaucoup sont autour des monuments aux morts de la guerre de 14-18. Et moi bien au chaud dans mes pantoufles je me demande ce que je pourrais bien vous dire puisqu'il ne se passe rien au club.
Et bien voila l'occasion, à ne pas rater, puisqu'en cette circonstance, je peux me permettre d'associer, et cette date du 11 novembre, et l'aviation.
Mon père Robert et son frère Gilles plus jeune d'un an étaient tous deux dans les spahis en Algérie puis au Maroc Oriental. La guerre est arrivé et toujours ensemble il vinrent combattre en France. Ils étaient sur le front de bataille de le Somme.
Mais comme tous les cavaliers ils avaient la bougeotte et trouvaient que les tranchées n'étaient pas creusées pour des cavaliers.
C'est pourquoi, ils demandèrent à servir dans l'aviation.
Robert fut affecté à Étampes qui était la grande école de formation au pilotage. Devenu moniteur puis chef de piste avec 300 avions sous sa coupe, il passa là le reste du temps de guerre. Il nous racontait toute l'organisation de cette école avec entre-autre le remplissage des reservoirs des 300 avions. Cela était fait toute la nuit par des femmes sur des escabeaux qui se passaient des bidons de cinq litres d'essence.
Gilles lui, fut affecté à Avord à l'école de chasse. En 1916, il était à Verdun à l'Éscadrille N69 commandée par de Marmier. Ils étaient sur Nieuport 16 essentiellement. L'avion de Gilles était décoré aux armes du 2ème Spahis car officiellement l'Armée de l'Air n'éxistait pas encore.
Nous avons conservé les dernières lettres de Gilles à son père. Ces lettres montrent l'exaltation que ces pilotes de chasse avaient lors des combats aériens. Le but de Gilles était d'obtenir comme son frère (blessé au Maroc) la Croix de le Légion d'Honneur. Dans ses dernières lettres, il annonce que ça y est, il avait descendu encore deux boches ce qui lui valait cette Croix.
Malheureusement le 20 mai il fut à son tour abbatu mortellement blessé. Il réussit tout de même à se poser et il mourrut à l'ambulance du secteur.
Fait particulièrement émouvant, il se trouva, qu'un oncle éloigné de Gilles, commandant d'une batterie d'artillerie proche; en apprenant qu'un avion français venait d'être descendu se précipita pour constater que c'était Gilles aux commandes. Ils se parlaient encore et Gilles anonça qu'il était fier de donner sa vie avec la Légion d'Honneur mais qu'on ne la lui avait pas encore épinglé. C'est alors qu'Hugues de M. lui épingla sa propre croix et que Gilles expira.
Honneur à tous ces braves qui avaient un patriotisme exemplaire.
Voila l'histoire glorieuse de Gilles, le premier pilote de la famille. Mon père fut le second et la liste est et demeure longue... Que les uns et les autres n'oublient pas. Rassurez-vous sa stèle ici est fleurie tous les 20 mai!
Yvan
Et bien voila l'occasion, à ne pas rater, puisqu'en cette circonstance, je peux me permettre d'associer, et cette date du 11 novembre, et l'aviation.
Mon père Robert et son frère Gilles plus jeune d'un an étaient tous deux dans les spahis en Algérie puis au Maroc Oriental. La guerre est arrivé et toujours ensemble il vinrent combattre en France. Ils étaient sur le front de bataille de le Somme.
Mais comme tous les cavaliers ils avaient la bougeotte et trouvaient que les tranchées n'étaient pas creusées pour des cavaliers.
C'est pourquoi, ils demandèrent à servir dans l'aviation.
Robert fut affecté à Étampes qui était la grande école de formation au pilotage. Devenu moniteur puis chef de piste avec 300 avions sous sa coupe, il passa là le reste du temps de guerre. Il nous racontait toute l'organisation de cette école avec entre-autre le remplissage des reservoirs des 300 avions. Cela était fait toute la nuit par des femmes sur des escabeaux qui se passaient des bidons de cinq litres d'essence.
Gilles lui, fut affecté à Avord à l'école de chasse. En 1916, il était à Verdun à l'Éscadrille N69 commandée par de Marmier. Ils étaient sur Nieuport 16 essentiellement. L'avion de Gilles était décoré aux armes du 2ème Spahis car officiellement l'Armée de l'Air n'éxistait pas encore.
Nous avons conservé les dernières lettres de Gilles à son père. Ces lettres montrent l'exaltation que ces pilotes de chasse avaient lors des combats aériens. Le but de Gilles était d'obtenir comme son frère (blessé au Maroc) la Croix de le Légion d'Honneur. Dans ses dernières lettres, il annonce que ça y est, il avait descendu encore deux boches ce qui lui valait cette Croix.
Malheureusement le 20 mai il fut à son tour abbatu mortellement blessé. Il réussit tout de même à se poser et il mourrut à l'ambulance du secteur.
Fait particulièrement émouvant, il se trouva, qu'un oncle éloigné de Gilles, commandant d'une batterie d'artillerie proche; en apprenant qu'un avion français venait d'être descendu se précipita pour constater que c'était Gilles aux commandes. Ils se parlaient encore et Gilles anonça qu'il était fier de donner sa vie avec la Légion d'Honneur mais qu'on ne la lui avait pas encore épinglé. C'est alors qu'Hugues de M. lui épingla sa propre croix et que Gilles expira.
Honneur à tous ces braves qui avaient un patriotisme exemplaire.
Voila l'histoire glorieuse de Gilles, le premier pilote de la famille. Mon père fut le second et la liste est et demeure longue... Que les uns et les autres n'oublient pas. Rassurez-vous sa stèle ici est fleurie tous les 20 mai!
Yvan
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