11:37. Bonjour. Petite pluie fine. ciel couvert 8/8. Vent et brise nulle. T:14°.
Hier pas de vol. Les Paray Le Monial sont partis pas trop mécontents puisqu'ils ont tout de même volé.
Pour moi, hier belle journée en Savoie dans une bonne ambiance familiale. Vu au passage qu'à Albertville il y avait une fête aérienne avec beaucoup de monde. Par contre à Bellegarde (près de
Valdrôme) un Rallye a loupé son atterro. Pas de bléssés mais avion paraissant bon pour une révision générale couteuse.
Il m'a été reproché gentiment que je finis parfois mon pensum par un: A demain qui reste justement sans lendemain. Vous aurez droit donc au banal : Bonne
journée... Yvan.
Bonjour. Toujours ce que l'on appelle ici le Mistral noir, c'est à dire: vent du nord mais humide et froid donc avec des nuages bas avec des
grains de pluie. Résultat: pas de vol.
N'ayant pas de sujet vélivole à vous transmettre en ce jour anniversaire du débarquement de 1944 je diverge un peu en vous raconter mon 6 juin 1944. Nous étions Toto et
moi en pension à Crest chez les Frêres des Écoles chrétiennes qui existe toujours: Pensionnat Saint-Louis.
Nous avons été réveillés de bonne heure car le Maquis local avait libéré Crest. Ce fut tout de suite une grande exitation car le Frère Directeur un peu inquiet tout de même sur l'avenir...et
notre devenir décida qu'il n'y aurait pas classe. On se précipita alors le long du mur qui borde la grande place "de la Liberté"pour voir - moment émouvant - les Maquisards qui avaient installé
une grande table recouverte d'un drapeau tricolore. Là, ils prenaient les engagements des volontaires à l'issu duquel ces braves gens recevaient en géneral une arme provenant des parachutages du
Vercors. C'était un fusil ou une mitraillette "Sten".
L'un d'eux cherchant à savoir comment fonctionnait cette mitrailette, engagea un chargeur et malencontreusement appuya sur la détente. Naturellement, la rafale parti et notre "bleu" prit
peur. Aussitôt il jeta cet outil dangereux mais la mitraillette continuait de cracher ce qui fit que par terre elle tirait ...et en tournant. Ce fut une panique générale! les uns sautaient en
l'air comme le saut à la corde d'autres se cachaient derrière les platanes. L'agent recruteur lui aussi abandonna sa table; et nous, derrière le mur on rigolait comme des bossus. Le chargeur fut
ainsi vidé de ses 30 cartouches et le calme revint. Des maquisards furent postés tout autour de la ville. L'un d'eux signala à la croix de Romans une moto estafette bizarre. Le bruit courru que
c'était un espion qui venait en reconnaissance. Les maquisards furent donc disposés en ordre de bataille. C'est alors que parut une colonne allemande venant de Valence pour reinvestir la ville.
Nous entendions les coups de feu. Des voitures aux armes des FFI passaient à toute allure annoncant un combat violent. On appris ainsi la mort de personnes que l'on connaissait bien. Le climat de
liesse commune avait disparu pour laisser place à un sérieux et une grande inquiétude. La bataille cessa avec un repli des maquisards. Les allemands patrouillèrent dans Crest. Nous les avons vu
arriver sur le pont alors que nous étions toujours derrière le mur... mais la tête pas haute.
Tout le monde étant parti, mon frêre et moi sommes alors sorti de l'école "pour voir". Et là, abominable découverte. Là où est maintenant le portail de sortie des élèves, il y avait un
canal à sec desservant autrefois les usines. Dans ce fossé gisait un homme en civil agonisant. Visiblement il avait été tabassé. On dirait maintenant "torturé". Nous avons tout de suite été
prévenir notre directeur qui est tout de suite venu avec nous. Mais l'homme avait disparu. Qu'est-il devenu? En cherchant un peu on nous a dit que ça nous regardait pas et que ça pouvait bien
être le motard estafette.
Ainsi, nous avons vécu Toto et moi une journée mémorable avec l'exaltation joyeuse du débarquement, puis de l'enrolement patriotique des hommes, l'angoisse du combat à la porte de la ville avec
le risque que les allemands déclanchent des représailles sanglantes puis pour finir la bestialité des vengeances.
À demain la suite de cette journée.
En passant puisque qu'elle me lit bien souvent je souhaite un bon anniversaire à Martine ma nièce qui doit être en Turquie.
09:00. Bonjour. Incroyable, il fait beau. Pas un nuage. Tout est en place, la brise descend comme il se doit et la temperature est fraiche: 15°.
Mais cela ne va pas bien durer d'après les meteo?
Dimanche j'ai été à Valence-Chabeuil au meeting de l'Alat. Il y avait une foule énorme 15.000 personnes. J'étais parqué près de Malissard. Tout de suite j'ai été dans le premier hangar pour faire
dédicacer mon album BD de Francis Bergèse. Il y avait une queue énorme à rendre jaloux un d'Ormesson. Cela m'a permis de retrouver des copains des années 60... J'ai poireauté plus d'une heure
sans avancer beaucoup car les fans de Francis étaient là en famille et chacun avait un dessin à faire en plus de la dédicace. Puis Francis a levé la tête et m'a vu. Un dialogue s'est établi qui a
fait rigoler tout le monde et Francis m'a conseillé d'abandonner mon projet car il va venir me voir en avion. Pendant ce temps le meeting se déroulait et j'ai manqué pas mal de choses. J'ai
aperçu quand même cette fille qui est debout sur l'aile d'un Boeing biplan et qui fait loopings et tonneaux. Il y avait un Morane 315 (pas 317), un Storch. Et là, j'ai retrouvé avec un plaisir
énorme le bruit infernal de ce moteur de 300CV. Il y avait une multitude d'hélicos dont le dernier NH90 tout en composite, un DC3, un Noratlas, un magnifique Bronco (mais aux armes allemandes,
pourquoi?) un Nord 1000, un Sukoï et bien d'autres. Dans les hangars bien du matériel encore, très sophistiqué, en général pour ceux qui ont beaucoup de sous! Un réacteur franco-américain CM ché
pas quoi plus haut que moi. Valence vol à voile était là aussi avec son camion-magasin et un planeur....
À demain. Yvan
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